Nutrition trail longue distance (50–100 km) : du salé au sucré
Sur 50, 80 ou 100 km, la nutrition change de règles : plus de salé, du solide, des ravitos à gérer. Le plan complet pour tenir des heures sans exploser l'estomac.

La nutrition d'ultra, ce n'est surtout pas « le marathon, mais en plus long » : les règles changent. L'intensité est plus basse (bonne nouvelle, tu digères mieux et tu brûles plus de graisses), mais c'est la durée qui devient ton adversaire : des heures à t'alimenter, un estomac qui finit par fatiguer, le sucré qui écœure… Et il faut le savoir : en ultra, l'abandon numéro un, c'est le ventre — pas les jambes. La parade tient en trois réflexes : varier, passer au salé et au solide, et bien gérer ses ravitos.
- Vise 50-80 g/h sur ultra (intensité plus basse qu'un marathon, mais des heures).
- Varie : gels/boisson au début, barres et vrai food ensuite, salé quand le sucré écœure.
- Le n°1 des abandons en ultra, c'est l'estomac : intestin entraîné + petites prises.
- Gère les ravitos : ce que tu prends, ce que tu remplis, ce que tu portes entre deux.
- Sodium 300-800 mg/h, plus par forte chaleur — attention à l'hyponatrémie sur les très longs.
Le cadre des glucides/h vient de notre pilier combien de glucides par heure ; tout ce qui touche à la tolérance digestive, de troubles digestifs en course. Ici, on adapte tout au terrain bien particulier de l'ultra.
Ce qui change sur ultra (vs marathon)
- Intensité plus basse → tu brûles davantage de graisses et l'estomac digère mieux : le solide devient possible.
- Durée → le total est énorme, et le goût sature : le sucré devient vite écœurant.
- Ravitos → tu peux manger du vrai food (soupe, fromage, fruits, salé).
- Chaleur, nuit, dénivelé → l'hydratation, le sodium et la caféine prennent du poids.
Ton plan ultra en 30 secondes
Choisis ta distance ci-dessous : tu découvres la durée estimée, la cible en g/h, et surtout les totaux à avaler — ceux qui donnent un peu le vertige quand on les voit écrits noir sur blanc :
Du sucré au salé : la règle d'or de l'ultra
Au départ, le sucré liquide (boisson, gels) passe tout seul, sans même y penser. Mais après quelques heures, le palais et l'estomac saturent — c'est mécanique, ça arrive à tout le monde. C'est précisément le moment de basculer vers le salé, le solide et le chaud.
| Phase | Quoi | Exemples |
|---|---|---|
| Début (0-3 h) | Sucré & liquide, facile | Boisson glucidique, gels, fruits |
| Milieu (3-6 h) | Plus de solide, on varie | Barres, banane, pâte de fruit, sandwich |
| Fin / nuit (6 h+) | Salé, chaud, réconfortant | Bouillon, soupe, chips, fromage, riz |

Gérer les ravitos
Vois les ravitos comme tes stations-service. On ne les improvise pas : anticipe-les. Connais les distances entre deux, ce qu'ils proposent à manger, et surtout ce que toi tu portes pour tenir l'intervalle.
- Connais les distances entre ravitos et porte de quoi tenir entre deux (avec une marge).
- Au ravito : bois, remplis tes flasques, mange un peu de salé/solide, et repars vite.
- Ne découvre pas un aliment de ravito un jour de course importante : prévois tes produits + complète avec le vrai food que tu connais.
- La liste qui sauve : eau/boisson, sel/électrolytes, quelque chose de salé, de sucré, et de chaud (la nuit).

Hydratation, sodium & chaleur
Sur des heures et des heures, l'équilibre entre eau et sodium devient critique — bien plus que sur un marathon. Bois selon ta soif et la chaleur, sans jamais te forcer, et n'oublie pas de saler : boisson électrolytique, pastilles de sel, ou tout simplement du vrai food salé au ravito. Pour chiffrer tes besoins avant le jour J, passe par le calculateur de taux de sudation.
Caféine, nuit et coups de moins bien
Quand l'ultra bascule dans la nuit, la caféine devient une alliée précieuse : elle soutient la vigilance et allège la perception de l'effort. Sans en abuser pour autant (gare au sommeil et à la nervosité). Et ne sous-estime jamais le pouvoir d'un truc chaud sur le moral à 3 h du matin.
L'estomac : le vrai juge de paix
En ultra, soyons honnêtes : c'est très souvent l'estomac qui décide de ta journée, bien avant les jambes. La prévention reste la même que sur route — en un peu plus exigeant :
Par distance
| Épreuve | Durée | Stratégie |
|---|---|---|
| 50 km | 5 – 8 h | 60-80 g/h ; gels + boisson + barres, un peu de salé en fin |
| 80 – 100 km | 10 – 16 h | 50-70 g/h ; vrai food & salé dès la mi-course, ravitos clés |
| 100 miles (> 24 h) | > 20 h | « Peu mais souvent », salé/chaud, gérer la nuit et le sommeil |
Questions fréquentes
- Combien de glucides par heure en ultra-trail ?
- Environ 50 à 80 g/h. L'intensité est plus basse qu'un marathon (donc parfois un peu moins de g/h), mais comme l'effort dure des heures, le total avalé est énorme.
- Que manger sur un 100 km ?
- Du varié : boisson et gels au début, puis barres, banane et vrai food, et du salé/chaud (bouillon, soupe, chips, fromage) à mesure que le sucré écœure. Le cola dépanne en fin de course.
- Pourquoi le sucré écœure en ultra ?
- Le palais et l'intestin se fatiguent après des heures de sucre. C'est normal : c'est le signal de passer au salé et au solide, mieux tolérés sur la durée.
- Comment éviter les problèmes d'estomac en ultra ?
- Entraîne ton intestin en amont, fais des petites prises régulières, mélange glucose et fructose, évite les solutions trop concentrées, et ralentis dès que ça se gâte.
- Faut-il manger du solide en ultra ?
- Oui : à l'allure d'ultra, l'estomac tolère bien le solide, qui apporte de la satiété et de la variété. Garde le liquide et les gels pour les sections rapides ou les coups de mou.
Sur ultra, le plan gagnant tient en trois mots : varié, salé, régulier. Entraîne ton estomac pendant des mois, prépare tes ravitos dans le détail, et ensuite, avance — petite prise après petite prise. C'est exactement comme ça qu'on avale 100 km.

